Ça y est !! Nous voilà de retour du Pérou. Le pays est magnifique, et nous en avons pris plein les yeux, dans des coins magiques. Mais ce blog n'étant pas un blog consacré aux voyages, je ne m'étendrai pas plus sur le côté touristique de cette escapade de 23 jours. En revanche, parlons un peu cuisine.
J'ai en effet essayé de goûter le maximum de choses, que ce soit dans des restaurants pour touristes, dans des restos locaux, dans les marchés, et même chez l'habitant. Et là, conclusion est mitigée.
Parlons d'abord des points positifs : le Pérou regorge de produits d'une extrême variété, et d'une très bonne qualité. On est loin de l'agriculture intensive, et comme certaines régions (la vallée sacrée, par exemple) permet d'avoir 3 saisons vertes sur 4 (et donc 3 saisons de récoltes), on dispose sans arrêt de fruits et légumes frais au goût inimitable. Les tomates, par exemple, sont juteuses à souhait, et ont un parfum et un goût irrésistible (on oublie trop souvent que la tomate est originaire des Andes). Nous avons aussi mangé à Arequipa la meilleure mangue de notre vie (pourtant acheté à un petit marchand au coin d'une rue).
Concernant les variétés, on se retrouve soit face à des produits inconnus (yacon, pacaï, etc.), soit à des classiques de notre cuisine hexagonale, mais avec une quantité de sous-variétés différentes. Par exemple, il existe au Pérou plus de 30 variétés de maïs (dont le choclo, sorte de gros maïs blanc, et le maïs violet avec lequel est préparé la chicha morada, sorte de boisson raffraichissante), et, tenez-vous bien, pas loin de 4000 variétés de pommes de terres dont quelques exemplaires de chaque espèce sont conservés au Centro Internacional de la Papa. De quoi faire frémir notre région Nord, chérissant ses patates !! Et encore, j'oublie de parler des céréales reines des Andes : la quinoa, kiwicha et kañiwa.
Et la partie carnassière n'est pas en reste, puisque, outre veaux, vaches, cochons, moutons et poulets, le Pérou travaille aussi la viande d'alpaga, de cochon d'inde, de tapir... Rayon pêche, la région côtière, et en particulier Lima, est riche en fruits de mer et en poissons du pacifique, et sur les bord du lac Titicaca ou de la rivière Urubamba, vous pourrez déguster de magnifiques truites (arc-en-ciel pour la Titicaca, et saumonée pour l'Urubamba), poissons chats ou autres perches.
Après tout ce que je viens de dire, vous imaginez déjà une région du monde pouvant facilement concurrencer la cuisine française dans son inventivité et sa diversité. Et bien que nenni !! Il faut tout d'abord expliquer que le Pérou reste un pays où le travail des hommes est essentiellement un travail manuel et rude. L'agriculture, par exemple, ne peut pas toujours profiter du travail de machines en raison du relief escarpé et accidenté des zones de cultures. En dehors des grandes villes, donc, l'alimentation reste ce qu'elle a toujours été : un moyen de supporter le travail. "Et dans les grandes villes ?", me direz-vous. Et bien dans les grandes villes, et même si les péruviens sont très gourmands, un bon repas et plutôt synonyme de quantité que d'originalité.
Du coup, les menus suivaient inlassablement le même schéma : une soupe en entrée (soupe de quinoa, soupe de poulet, soupe de pâtes, crème d'asperge), un plat composé d'une viande (la plupart du temps en sauce), de riz et de pommes de terre frites (ou de manioc frit), et c'est tout. Il n'est pas commun de voir des desserts à la carte (ou alors une salade de fruits ou un gâteau au chocolat nappé de crème de lait). Quand au fromage, c'est incompréhensible ... Il ne font qu'une sorte de fromage, une tome fraiche de brebis ressemblant au tomes fraiches du Portugal, et c'est tout !
Alors certes, je n'ai pas testé LE resto gastro de Lima: je n'avais pas de tenu adéquat, et les 3 jours en Amazonie avaient quelque peu mis à mal ma "garde robe" de routard. Mais si pour trouver de la cuisine inventive au Pérou, il faut systématiquement allez manger dans du gastro, c'est ballot ...
Du coup, c'est avec un sentiment mitigé que je repense à la cuisine du Pérou. Et j'ai décidé de consacrer une rubrique spéciale au Pérou sur ce blog. Comme les clapiottes de Zaza Martinez, ce sera une rubrique à date fixe : le 3° lundi du mois. J'essayerai de vous faire découvrir les produits et recettes du Pérou, bien sûr, mais aussi, parfois, de tenter une adaptation de certaines choses pour tenter de marier cette culture culinaire à mes modestes connaissances de la cuisine Française.
Je vous laisse sur cette photo prise sur un marché. A bientôt.

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